10 minutes avec Rakaa et DJ Babu des Dilated Peoples

expansion-team-soundsystem-interview-dilated-peoples

Rakaa et DJ Babu, deux légendes du Hip-Hop puisque deux tiers des Dilated Peoples, étaient vendredi à la So Miles Party de Milesfender pour retourner le Djoon avec leur party group Expansion Team Sound System. Nous avons pu les rencontrer juste avant leur set, pour qu'ils nous parlent de ce duo, des futurs projets des Dilated Peoples, ou encore de la qualité du Hip-Hop en France.

The BackPackerz : Quel est votre premier souvenir Hip-Hop ?

Rakaa : Ce doit être quand j’ai entendu Rapper’s Delight du Sugar Hill Gang à la radio, mais je n’avais pas conscience à l’époque que cela se rapportait à une culture plus large. Pour moi, ce n’était que des chansons cools. Plus tard, avec RUN-DMC, on voyait les gens commencer à s’habiller comme eux, agir comme eux, et c’est là que j’ai compris qu’il y avait tout un mouvement autour qui était en train de naître.

Babu : La musique et les disques ont toujours été là, chez moi, on avait une platine et beaucoup de vinyls. Les premières choses que j’ai entendues qui ressemblaient à du Hip-Hop, c’était World Famous Supreme Team, Herbie Hancock et l’album "D'ya Like Scratchin'’ de Malcolm McLaren avec les platines, les graffitis et le ghettoblaster sur la pochette.

TBPZ : Quelle est l’origine d'Expansion Team Soundsystem ?

R : Babu faisait un tas de DJ sets en soirée, et il m’invitait souvent à le rejoindre pour faire le host sur scène avec lui. De son côté, Evidence commençait à s’investir sérieusement dans sa carrière solo. Donc nous, on a juste continué ce que l’on faisait déjà depuis quelques temps mais en rendant le projet plus solide, puis on a commencé à tourner dans le monde entier.

B : On doit beaucoup à Beat Junkies et à la vie nocturne de Los Angeles. On a commencé à faire ces soirées à LA et ça a tout de suite été un succès. Ca faisait donc sens d’exporter cette recette qui fonctionnait à LA vers d’autres endroits à travers le monde.

TBPZ : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

R : On vient de terminer le nouvel album des Dilated Peoples. Evidence est à la maison en ce moment et s’occupe d’éditer les clips. L’album s’appellera Directors of Photography et devrait sortir cet été sur Rhymesayers. On a encore tourné de nouveaux clips il y a seulement trois jours, donc tout est frais et neuf

TBPZ : Prenez-vous plus de plaisir lorsque vous bossez sur vos projets solos ou bien sur les projets de groupe comme Dilated Peoples ou Expansion Team Soundsystem ?

R : Ça dépend des moments. J’adore bosser en solo, la liberté est totale, mais parfois ça peut devenir effrayant car tu as l’impression d’être au milieu d’un champs de possibilités trop vaste pour toi. Quand tu bosses en groupe, même si tu dois faire certains compromis, il y a toujours différentes énergies que tu peux réunir, tu peux rebondir sur les idées des autres, c’est vraiment stimulant. Donc j’adore les deux, mais j’apprécie collaborer, travailler avec d’autres personnes, échanger.

B : J’aime les deux et les deux sont nécessaires. J’aime alterner, je peux bosser sur un projet de groupe, surtout Dilated, mais m’évader au milieu quelques temps pour me consacrer aux Beat Junkies, travailler mes productions, mes DJ sets, puis revenir sur Dilated, etc. Les deux aspects créent un équilibre dont j’ai besoin.

TBPZ  : Que pensez-vous du Hip-Hop en France ?

R : Le public français a toujours encouragé les groupes américains comme Dilated Peoples, mais il est aussi très attaché au Hip-Hop français, ce qui est très important selon moi. J’aime voyager dans des lieux que je ne connais pas, découvrir une autre culture grâce à la musique. Même si je ne comprends pas la langue, je peux sentir l’énergie. Le public ici est très connaisseur et la France est un lieu historique du Hip-Hop. Quand tu penses à un mec comme Solaar qui pouvait vendre 1 million d’albums dans les années 80, c’est fou. IAM, Assassin, Cut Killer...tous ces artistes sont très respectés du fait de leur engagement et de leur passion envers la culture Hip-Hop. De même, les publics français que j’ai pu rencontrer sont vraiment passionnés et surtout honnêtes. Ils n’hésiteront jamais à me dire que ma performance était moyenne, si tel est le cas, car ils sont exigeants et cultivés, ils ne se contentent de suivre les tendances imposées par les radios.

B: J’adore le public français. Que ce soit avec Dilated Peoples ou en tant que DJ solo, Paris ne m’a laissé que de bons souvenirs. C’est un public pas facile, exigeant. Parfois à l’étranger, on nous félicite automatiquement simplement parce qu’on vient des Etats-Unis, mais ici, c’est toujours un challenge, mais on reçoit aussi beaucoup de soutien et d’affection.

TBPZ : Que mettriez-vous dans votre sac à dos si on vous abandonnait sur une île déserte ?

R : Mon téléphone avec tous mes MP3 et un chargeur à énergie  solaire.

B : Je prendrais aussi le chargeur, avec mon ordinateur portable, mon clavier MIDI...tout mon studio en fait !

Remerciement: Emmanuel de Milesfender pour avoir permis cette interview dans le cadre de la So Miles Party

Milesfender Site Officiel: www.milesfender.com/

BOOTLEGZ : LA NEWSLETTER

Toute l'actu Hip-Hop dans ta boite mail

Leave a Reply

Lire les articles précédents :
rootwords-the-rush-the-backpackerz
[Portrait] Rootwords, le rappeur suisse sort son premier album, The Rush

Soucieux de mettre autant à l'honneur le rap Européen que le rap US, The BackPackerz tent aussi l'oreille vers l'Est...

Fermer