EPMD, toujours dans le business

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On ne présente bien sûr plus le groupe EPMD. Avec près de 30 ans de carrière derrière eux, 7 albums en commun dont 3 au moins considérés comme classiques et des parcours solo par ailleurs remarquables, le duo continue à se produire sur scène et sera en concert au Cabaret Sauvage le 13 juin prochain. L'occasion pour nous de faire un flash-back sur ce groupe légendaire et de se mettre dans l'ambiance de l'évènement.

L'Âge d'or

D'abord un acronyme de "Easy Erick and Parrish the Microphone Doctor", EPMD se transforme en "Erick and Parrish Making Dollars", annonciateur d'un mouvement rap décomplexé face à l'argent, à une époque où il est de bon goût de porter la plus grosse chaîne possible autour du cou. Nous sommes à la fin des années 80, et une nouvelle vague originaire de Long Island composée de Public Enemy, Erick B & Rakim, De La Soul, et bien sûr EPMD, va marquer la fin de la période Old School et nous projeter dans une nouvelle ère que l'on qualifiera un peu plus tard d'âge d'or du Hip-Hop. Dans ce contexte, Erick Sermon, Parish Smith et leur DJ de l'époque DJ K La Boss sortent leur premier album intitulé Strictly Business, le 7 juin 1988. En avance sur son temps, cet album noté 5 Mics par The Source révolutionne la technique du sample avec des fragments de Funk, donnant au genre une sonorité dancefloor poussée à son paroxysme sur le morceau "You Gots to Chill".

Managés par Russell Simmons et désormais épaulés par DJ Scratch, les EPMD surfent sur le succès du premier album en enchaînant l'année suivante sur Unfinished Business et son single "So Wat Cha Sayin" qui s'inscrit dans la pure tradition du groupe.

Signés chez Def Jam, leurs 3ème et 4ème albums suivent avec d'avantage de controverses, à l'image du morceau "Crossover" dénonçant un rap mainstream, mais lui-même étant un gros succès commercial...Néanmoins, ces albums permettent de mettre en lumière une nouvelle génération de rappeurs réunis au sein du collectif Hit Squad, composé notamment de Das Efx, K-Solo et la future super-star Redman que l'on retrouve sur le décoiffant "Head Banger".

Mais l'argent et le succès font tourner les têtes, et au début de l'année 1993, le groupe se sépare officiellement, suite à un différent financier entre les membres ayant généré de vives tensions...

Le retour

Durant 5 ans, E-Double et PMD poursuivent leur carrière de leur côté, avec chacun deux albums solos et un entourage issu de la scission du Hit Squad (Redman et Huriccane G pour Sermon, Das Efx et Dj Scratch pour Smith).
Le groupe se reforme en 1997 et fait son retour avec le bien nommé Back in Business. Un comeback que beaucoup de rappeurs de leur génération ont tenté mais que peu ont pu couronner d'une telle réussite. La mayonnaise prend toujours, et leur premier single "Da Joint", dans lequel ils mettent en scène leur re-formation, est un hit d'une efficacité redoutable.

En 1999, le groupe réalise une sorte de jubilé avec Out of Business, un double album incluant un best of de leurs plus grands titres. Mais désormais, leurs carrières solos et projets respectifs semblent avoir pris plus d'importance que le groupe. Dans ce domaine, Erick Sermon s'en tire avec un succès commercial incontestable lors de la sortie de Music en 2001, dans lequel on retrouve PMD en featuring pour un sympathique "Headbanger Revival".

Depuis, après un septième et dernier album en 2008 et un nouveau best of sorti l'année dernière pour les 30 ans de Def Jam, il n'y a plus grand espoir de voir le groupe se reformer ailleurs que pour un featuring ou sur scène. Comme pour pas mal d'autres vétérans du rap, c'est alors toujours un événement lorsque ces monstres sacrés se retrouvent avec le public pour redonner une jeunesse à leurs classiques de la belle époque.

EPMD sera en concert au Cabaret Sauvage le 13 juin avec Dead Prez. Vous pouvez dès maintenant réserver vos places. The BackPackerz étant partenaire du concert, on vous fera également gagner des places sur notre page Facebook. Stay tuned.

Commentaires

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2 comments

  1. nak

    On a quand même l’impression au final que Sermon a clairement outshiné PMD non? Bon il est en plus un excellent producteur, il a fait des albums plus reconnus (surtout commercialement parlant). Et puis je sais pas, j’ai toujours eu un soucis avec le flow de PMD. Au niveau de la voix ça va, mais c’est plus sur l’articulation et l’enchainement des rimes, ya un truc qui me gene. “Da joint” est un bon exemple, le couplet de PMD, je sais pas, je trouve pas ça terrible. Ya un truc qui me chiffonne quoi, lol.

  2. Rafflow

    Le flow de PMD est plus sobre, mais les deux se complètent. Quant à leurs carrières solos, difficile de comparer, ils sont dans un registre assez différent. Mais clairement Sermon dégage plus de charisme.

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