Jeru the Damaja & The Beatnuts au Divan du Monde le 28 mars 2015

Etrange énergumène que ce vétéran de Brooklyn, 43 piges au compteur, végétarien, taoïste, figure mythique du rap new-yorkais, potes de lycée et de beats de Guru et DJ Premier. Kendrick Jeru Davis, aka Jeru the Damaja, écrit ses premiers vers à l’âge de 10 ans, et s’essaie au rap dans les parcs du quartier d’East New York à Brooklyn. Après un premier featuring en 1992 sur le titre "I’m the Man" présent sur l’album Daily Operations de Gang Starr, il percute la planète hip-hop en 1994 avec un premier album, classique parmi les classiques, entièrement produit par DJ Premier, The Sun Rises in the East. Dans cet album prémonitoire (la cover montre une des tours du World Trade Center en feu et s’effondrant sur elle-même…), Jeru développe une intelligence dans ses lyrics qui fera de lui un emcee d'abord reconnu pour la qualité de son verbe plutôt que pour la souplesse de son flow. Rappeur rebelle et peu enclin à rentrer dans le rang de la célébrité, il dénonce le racisme et la condition des afro-américains au fil de ses tracks, n’hésitant pas à citer les Black Panthers comme source principale d’inspiration.

Artiste engagé contre l’ignorance, le matérialisme et la société de consommation, il sort en 1996, l’un des albums les plus représentatifs du Hip-Hop de la golden era : Wrath of the Math. Opus de référence pour les puristes, Wrath of the Math, est l’oeuvre d’un rappeur subversif qui n’a jamais dévié. Dans une ambiance sombre tellement nineties, ponctuée de basses sourdes et teintée de boucles lancinantes, Wrath of the Math offre à l’auditeur un enchaînement de titres bluffants:  "The Frustrated Nigga", "Tha Bullshit", "Me or the Papes", "How I’m Living", "Ya Playin’ Yaself"…

Fidèle à ses convictions jusqu’à l’intransigeance, Jeru se brouille alors avec Gang Starr et se retire de la scène musicale jusqu’en 1999, année où il sort son premier album sous le label indé KnowSavage Records, et sans aucune production de Preemo. Rappeur assez discret, peu actif dans le rap game, Jeru sort Divine Design en 2004, où apparaît Lil’Dap de Group Home sur le titre "Don’t Get It Twisted", puis l’album Still Rising en 2007.

Sept ans après, le nouveau projet du Damager est un EP et s’intitule The Hammer. A la production: les légendes Large ProfessorThe Beatnuts, PF Cuttin, The Polish Kid... Le maître a revêtu sa plus belle panoplie camouflage pour nous servir 8 titres dans la plus pure tradition new-yorkaise, c'est rugueux et ça tape !

Il viendra le 28 mars prochain, et accompagné des Beatnuts, le duo du Queens, pour défendre son nouveau projet musical sur la scène du Divan du Monde. Pour revivre la golden era en live en présence de ses plus dignes représentants, ne ratez surtout pas la date !

Bien entendu, The BackPackerz vous fait gagner des places sur sa page Facebook. On vous espère nombreux à venir célébrer le Damager, et en attendant, on vous rafraîchit la mémoire avec cinq des morceaux-phares du new-yorkais que vous pourrez reprendre en boucle le 28 mars. Check it out!

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